Carry Voile
Menu icoMenu232Dark icoCross32Dark
<
>
  • Newsletter de novembre 2026
  • Présentation
  • Le conseil d'administration

Ajoutez un logo, un bouton, des réseaux sociaux

Cliquez pour éditer
  • Carry Voile
  • Le club ▴▾
    • Newsletter de novembre 2026
    • Présentation
    • Le conseil d'administration
  • Infos utiles ▴▾
    • Horaires
    • Tarifs
    • Accès et contact
  • Espace membre ▴▾
  • Archives newsletter ▴▾
    • Newsletter d'octobre 2026
    • Newsletter de septembre
    • Newsletter d'août
    • Newsletter de juillet
    • Newsletter de juin 2026
    • Newsletter de mai
    • Newsletter d'avril
    • Newsletter mars 2026
    • Newsletter de février
    • Newsletter de janvier2026
    • Newsletter de décembre
    • Newsletter de novembre
    • Newsletter d'octobre
    • Newsletter de septembre
    • Newsletter juillet/août
    • Newsletter de juin 2025
    • Newsletter mai 2025
    • Newsletter avril 2025
    • Newsletter mars 2025
  • Se connecter
  • Newsletter de novembre 2026
  • Présentation
  • Le conseil d'administration
  • Horaires
  • Tarifs
  • Accès et contact
  • Newsletter d'octobre 2026
  • Newsletter de septembre
  • Newsletter d'août
  • Newsletter de juillet
  • Newsletter de juin 2026
  • Newsletter de mai
  • Newsletter d'avril
  • Newsletter mars 2026
  • Newsletter de février
  • Newsletter de janvier2026
  • Newsletter de décembre
  • Newsletter de novembre
  • Newsletter d'octobre
  • Newsletter de septembre
  • Newsletter juillet/août
  • Newsletter de juin 2025
  • Newsletter mai 2025
  • Newsletter avril 2025
  • Newsletter mars 2025
Newsletter de novembre 2026 Présentation Le conseil d'administration
Yveline LAGELEE
27 octobre 2026
Newsletter de novembre 2026

ABONNEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER

Abonnez-vous à notre newsletter
icoCross16Dark

Newsletter de novembre 2026

1- Editorial de Yveline

Novembre = le neuvième mois ?

Effectivement, novembre vient du latin november, un dérivé de novem, et signifie « neuvième ». Alors pourquoi novembre, pour ce onzième mois de l’année ? Comme toujours, c’est dans le passé qu’il faut chercher une réponse : dans le calendrier romain, l’année ne comptait que 304 jours et n’allait que de mars à décembre, donc novembre était bien le neuvième mois. Ce n’est qu’au XVIe siècle, que deux mois furent ajoutés à ce calendrier : janvier et février. On a pourtant gardé (sauf au moment de la Révolution) ce nom de novembre…

En novembre, le changement d’heure a eu lieu et c’est le mois où la durée du jour a visiblement raccourci : l’hiver arrive. Souvent, la météo y ajoute sa touche de grisaille avec des brumes, des pluies et les premiers gels. Même si c’est normal et nécessaire au cycle de la vie, faire le deuil du beau temps, c’est déprimant. Et en effet, novembre est, selon des sondages, « le mois le plus détesté de l’année ». J'avoue que je ne l'aime pas non plus mais, pour ne pas rajouter à cette grisaille morale, je vais m'efforcer de... sourire de ce qui pourrait nous plomber le moral ! N'est-ce pas le meilleur moyen de nous protéger et de rester bien VIVANTS ? :)

le 31 octobre, hélas, mauvais présage : Halloween et ses horreurs ridicules ! Cette fête millénaire, d'origine celte, a été récemment (dés)intégrée dans nos traditions parce qu'elle a été remise à l'honneur par les États-Unis, pour des raisons commerciales : oublions-la pour novembre. :)

Le 1er novembre, on célèbre la Toussaint, fête de tous les Saints : des martyrs…

Le 1er novembre à 13h02, aura lieu le départ de la Route du Rhum, une course transatlantique en solitaire et sans escale, pour voiliers monocoques et multicoques, qui relie Saint-Malo à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Une grande aventure mais qui nous rappelle...

Le 2, c'est la fête des morts, une célébration plus intime, souvent confondue avec la Toussaint.  Promenades, mais dans les cimetières, en famille, avec des chrysanthèmes pour les disparus. Point positif : ce sont des fleurs variées et très colorées, symbole d’éternité puisqu’elles résistent au gel...

Le 11 novembre, c’est l’Armistice de 1918 et la reddition de l’Allemagne que nous célébrons…

Bon, l'ambiance est pleine de gaieté ! Comment lui résister ?

Les jours où Denis, Responsable des sorties doit annuler une Sortie en mer (chaque mercredi et samedi et un dimanche par mois), pour des raisons météorologiques, c’est un mois où l'on peut passer plus de temps chez soi. Pas pour céder à la chaleur humaine d'un écran, non, mais avec un bon livre, pour voyager… dans sa tête, confortablement allongé, sous un plaid bien chaud. Pour... limiter les factures de chauffage ? Non, excusez-moi, pas d'anxiété, avais-je promis. :)

C’est aussi le temps des grands prix littéraires.Toujours le premier, décerné le troisième lundi de novembre, au restaurant Drouant, le Goncourt est destiné à mettre en lumière un auteur nouveau, d’une œuvre en prose, pour qu'il puisse en écrire une autre, en toute tranquillité. C'est vrai, un livre à lire, c'est peu. Rassurez-vous, il est suivi par d’autres prix comme le Femina, le Renaudot, le Médicis et de nombreux autres... :)

Ah j'ai trouvé ! Le 22, on fête la Sainte-Cécile, patronne des musiciens, luthiers, facteurs d’instruments de musique et sonneurs de cloches ainsi que de toutes les Harmonies municipales.

En novembre, départ du Vendée Globe (Tour du Monde à la Voile, en solitaire, sans escale et sans assistance) mais... c’est une course qui n’a lieu que tous les quatre ans, donc ce n’est pas pour cette année, il vous faudra attendre 2028. Mais il vous reste deux ans pour en rêver ou vous y préparer peut-être ?

Allons, vous avez toujours une solution, testée et approuvée par nombre d’entre nous !

Si tout ceci ne vous a guère remonté le moral : n’hésitez pas à venir avec nous, sur mer, quand la météo (quand même plus généreuse sur la Côte bleue qu’ailleurs en France) nous offre quelques journées d’accalmies pour voiler et déjeuner ensemble. La Voile, c’est idéal, pour vous ressourcer et vous faire oublier tous vos soucis et autres embrouillaminis, le temps précieux d’une de nos sorties, de 10h à 17h :

« Foule sentimentale, on a soif d’idéal, attirés par les étoiles, les Voiles, que des choses pas commerciales ! » (Souchon)

2- Pour le Club Carry Voile, que s’est-il passé en octobre ?

A- Hélas, une triste Sortie en mer, le 2 octobre, en hommage à notre ami, Thierry Pennec, décédé le 20 août 2026…

Encore bouleversés par le décès brutal de notre ami Thierry, au cours d’une randonnée en montagne, nous avions prévu d’organiser, en son hommage, une Sortie en mer Carry Voile, qu’il aimait tant. Cet hommage devait se dérouler le samedi 3 octobre à 10h, avec son épouse et deux membres de sa proche famille. Mais la veille, la météo étant défavorable, Denis prévint que la sortie ne pouvait pas se dérouler ce samedi-là, et il fut donc rapidement décidé qu’elle aurait lieu le jour même, vendredi 2 octobre, à 17h, en présence de sa famille et des membres de Carry Voile disponibles. Mais il fallait qu’elle soit très courte puisque la mer grossissait déjà. Une sage décision que Thierry aurait parfaitement comprise et approuvée.

Trois voiliers : Pégase, Timour et Bel-Azur, sont sortis du Port de Carry-le-Rouet, au moteur, pour se rendre devant le Parc Marin. Jeanpy, Président de Carry Voile y évoqua notre amitié pendant nos sorties, régate et croisière... Puis nous nous sommes recueillis, au son de la cornemuse de Robert, rappel des origines bretonnes de Thierry. De retour au port, nous sommes restés un long moment, tous ensemble, pour entourer cette famille très éprouvée et partager un peu de leur chagrin, comme le chantait Georges Brassens, auquel nous faisons référence dans notre devise « Les copains à bord » :

Au rendez-vous des bons copains

Y avait pas souvent de lapins

Quand l'un d'entre eux manquait à bord

C'est qu'il était mort

Oui, mais jamais, au grand jamais

Son trou dans l'eau n'se refermait

Cent ans après, coquin de sort

Il manquait encore…

B- Par la suite, il y eut de très beaux jours encore et quelques sorties en mer très réussies, car elles ont permis à plusieurs voiliers de sortir avec bon vent, belle mer, et de se rejoindre pour profiter d’un moment très convivial au moment du repas, et même de baignades, avec une eau à 20° encore, à l'abri dans une calanque de la Côte bleue.

C- Le 16 octobre a eu lieu à 18h, une rencontre des skippers, pilotée par William, trésorier de Carry Voile, pour évoquer les croisières de l’été, l'entretien des bateaux et les carénages à programmer pour les réaliser ensemble, ainsi que certains projets, déjà, pour l'été suivant :

Mais dans cette réunion, il n’y avait pas que des skippers ! Certains, parce qu’ils aimeraient le devenir, d’autres, plus modestement, se contentant d’apprécier que le club Carry Voile leur permette d’être des équipiers fiables pour « profiter » (au bon sens du terme évidemment) de la générosité des skippers qui aiment les embarquer dans leurs Sorties régulières Carry Voile et parfois dans leurs croisières personnelles, en toute amitié. La réunion s'est terminée en apéro-dînatoire, dans la convivialité, comme toujours, avec les réalisations de chacun, façon auberge espagnole : inutile de prévoir un autre repas ces soirs-là ! :)

D- Mais un épisode méditerranéen impressionnant, a été vécu, à Carry, les 19 et 20 octobre !

Il était pourtant annoncé ce grain sérieux, mais il a commencé si rapidement et avec un tel déchaînement de rage que les Carryens en sont restés médusés : en l’espace de quelques minutes, un gros nuage, de plus en plus noir et prometteur du pire, est venu assombrir le ciel… De sourds roulements de tonnerre et de violentes rafales de vents tournoyants l’ont suivi. Les rares passants qui se trouvaient encore à l’extérieur ont dû trouver un refuge, mais en l’absence de visibilité à plus de deux mètres, je l’ai juste espéré pour eux… Cet impérieux coup de semonce a duré plus de 20 minutes, dans un déchaînement d’éclairs et de coups de tonnerre quasi-immédiats, avec une pluie... torrentielle, c'est vraiment le mot ! Ce déluge a duré, par phases, pratiquement toute la nuit. A ce sujet, je propose que Le Coup de Tonnerre de 1h11 (une heure symbolique) figure au Livre des Records : comme vous le voyez, je lui ai mis des majuscules, dores et déjà, pour bien marquer mon respect ! :)

Au matin : désolation… La pluie avait transformé certaines rues de Carry en torrents d’eau mêlée de boue, venue des collines et des contreforts du Jas neuf. Dorénavant, à chaque épisode de pluies intenses (comme celles du 6 et 7 octobre, déjà) ces terres ne cessent de se raviner et de se répandre dans les rues, dès l’entrée de Carry-le-Rouet, en provoquant de sérieuses perturbations de la circulation et des déviations dues aux travaux occasionnés,  A chaque fois et très vite, toute cette eau se déverse sans retenue dans le port, en suivant le cours du boulevard Aristide Briand et des rues adjacentes et elle s’y évacue. Le niveau d’eau du port monte alors très vite et il devient marronnasse. Toute la journée du 20, ce système d’évacuation du boulevard, situé devant le manège, ressemblait à une chute d’eau menaçant les bateaux à l’ancre, l’avenue Edmond Montus, le rond-point du Casino ainsi que tous les cafés et restaurants situés à proximité. Et si la matinée a été plus calme, permettant de nettoyer un peu, le déluge a repris, un peu moins intense, en début d’après-midi…

Fort heureusement, tout s’est enfin calmé dans la soirée et la nuit du 20. Le mercredi 21 au matin, le soleil était de retour même si le ciel était encore chargé de nuages. Ne restaient plus que tous les dégâts occasionnés par ce nouvel épisode méditerranéen*, dont les successions et la violence semblent être intensifiées par le réchauffement climatique.

Alors que faire ? Prévoir… que cela va se reproduire et trouver des solutions pour s’adapter.

3- Episodes méditerranéens : quelques éclaircissements ? (Site de Météo-France)

« La Méditerranée, entourée par trois continents aux conditions climatiques profondément différentes constitue, d’un point de vue météorologique, une des régions les plus difficiles du monde à anticiper. » Giuseppe Caron, site Météo-France.

C'est souvent en automne que vous entendrez annoncer l’un de ces phénomènes : épisode cévenol ou épisode méditerranéen car une configuration climatique les déclenche aux saisons intermédiaires. En automne, la température des eaux de surface de la Méditerranée reste au plus haut mais les premières descentes de masses d'air arrivent des pôles tandis que des masses d'air tropicales se maintiennent en Méditerranée et que les premières tempêtes hivernales arrivent de l'Atlantique. Tous ces facteurs cumulés peuvent donc entraîner ce que l’on nomme un épisode méditerranéen et c'est ce qui fait de l’automne la saison la plus instable, où les configurations atmosphériques sont les plus actives et peuvent dégénérer très rapidement.

L'épisode méditerranéen (terme général)

C'est un phénomène météorologique. De très fortes précipitations (orages et pluies diluviennes) se produisent sur l'ensemble de l'arc méditerranéen français (des Pyrénées-Orientales aux Alpes-Maritimes). Il peut toucher les littoraux, les plaines côtières et l'arrière-pays à la fois. Il se produit en moyenne 3 à 6 fois par an, principalement à l'automne.

L'épisode cévenol (cas particulier)

C'est une variante orographique (liée au relief) de l'épisode méditerranéen : le vent marin chaud et humide remonte de la mer et vient buter contre les montagnes des Cévennes. Forcé de s'élever brusquement (forçage orographique), l'air se refroidit et libère alors des trombes d'eau massives sur les versants du massif des Cévennes et ses piémonts : principalement sur le Gard, l'Hérault, l'Ardèche et la Lozère. Il entraîne des crues très rapides de toutes les rivières locales et d'importantes inondations, dont l’intensité est imprévisible.

C’est toujours l’arrivée d’une « goutte froide » sur la péninsule ibérique qui déclenche un épisode méditerranéen.

Qu’est-ce qu’une « goutte froide » ? C’est l'isolement d'une dépression des flux d'Ouest en Est, mesurant quelques centaines de kilomètres de diamètre, qui vient circuler plus au sud que le vortex polaire. Quand elle se produit, en automne ou au printemps, venant circuler entre le golfe de Gascogne et le nord du Bassin Occidental méditerranéen, elle fait basculer le flux d'air en direction du sud de la France, propulsant une masse d'air tropicale au-dessus de cette région. Cette masse d'air, en traversant la Méditerranée, se charge en humidité et vient se bloquer sur les principaux massifs montagneux du sud de la France (Pyrénées, Montagne Noire, Cévennes, massif Corse et contreforts alpins). Simultanément, la masse d'air tropicale est soulevée, aggravant sa déstabilisation et provoquant des orages. Ce sont les reliefs qui paralysent le déplacement des orages et des flux orientés au Sud, ce qui qui engendre une régénération permanente des orages en humidité, sur une même zone. Ces orages provoquent alors de fortes précipitations en un laps de temps très court. Mais leur immobilité apparente est fausse : ces orages se forment l'un après l'autre et ils se succèdent rapidement, pendant plusieurs heures durant, au même endroit.

Ces épisodes de pluies diluviennes sont particulièrement problématiques, puisque leur intensité est si grande qu'aucun terrain ni réseau pluvial ne peut absorber toutes ces eaux, provoquant des crues torrentielles, aggravées par une imperméabilisation des sols, d’origine anthropique : toutes les régions urbaines situées en flancs de collines sont particulièrement touchées.

Un impact du réchauffement climatique ? Peut-être, mais encore à démontrer scientifiquement.

Les dernières recherches effectuées dans ce domaine ont démontré une tendance à l'augmentation et l'intensification de ces phénomènes. Cependant les cycles hydrologiques sont encore mal connus et ils restent difficilement prévisibles à long terme, et les cycles interannuels des épisodes méditerranéens sont encore méconnus.

En revanche, la diminution de la moyenne pluviométrique annuelle dans les régions méditerranéennes et la très nette hausse du nombre et de l'intensité des épisodes méditerranéens, aggravent les prévisions des conséquences du réchauffement climatique dans cette région du globe.

Un programme de recherches, HyMex, a donc été prévu pour en améliorer les prévisions futures.

4- Un conseil de Lecture réjouissant : Bernard Simiot (1904-1996) Ces Messieurs de Saint-Malo

Une vaste saga, roman historique en trois tomes, de plus de 600 pages chacun ! Un grand succès éditorial, que vous retrouverez donc au livre de poche.

Pour vous convaincre, j'évoquerai surtout le premier de ces romans : Ces Messieurs de Saint-Malo, car c'est à la fois le titre du tome I et celui de toute la trilogie. Tome 2 : Le Temps des Carbec ; Tome 3 : Rendez-vous à la Malouinière.

Ce roman raconte l’ascension sociale d'une famille malouine (=de Saint-Malo) pendant le règne de Louis XIV. Le personnage fondateur de cette lignée est Mathieu Carbec, issu d'une simple famille de regrattiers, un métier disparu. Les regrattiers n’étaient que des marchands ambulants qui vendaient des denrées au détail : fruits, légumes, œufs, sel… ou des produits de seconde main, mais luxueux : les « restes » de la nourriture des riches : « le regrat » des opulents banquets aristocratiques. Les plus matois de ces regrattiers pouvaient devenir richissimes.

En 1664, petit commerçant jusque-là sans envergure, Mathieu Carbec décide d’investir dans trois actions de la Compagnie des Indes, qui vient d'être créée. C’est le début d'une grande aventure commerciale qui lui permet de s'enrichir et de constituer une véritable fortune ! Officiellement, grâce à la pêche à la morue (appelée plus souvent "cabillaud" aujourd'hui). Mais comment Mathieu Carbec a-t-il pu en tirer de tels profits ? Est-il resté un honnête homme ? Presque… car sa rencontre avec le capitaine Le Coz, un corsaire*, marin expérimenté, armateur avisé, expert en trafics commerciaux et fraude fiscale lui a permis une association fructueuse. Mais ces deux complices se respectent et sont devenus amis. A partir de là, Mathieu Carbec a des comptes officiels et des petits à-côtés, mais il n’est pas le seul, car ces doubles registres de comptes sont devenus une pratique habituelle à Saint-Malo. Le commerce est varié et ses vaisseaux rapportent des Indes : l’indigo, le santal, la cornaline, l’ivoire ; de nombreuses étoffes : du coton, des draps, des soieries mais aussi du plomb, du jade, de l’or et de l’argent, parfois du thé et des drogues ou des soins comme le camphre, l’anis étoilé, des ailerons de requin et holothuries et même de l’opium… Sans oublier les miroirs et la porcelaine, très à la mode, ils plaisent beaucoup à la Cour du Roi. Les Nantais entrent en concurrence, mais leurs vaisseaux s’équipent pour le commerce des esclaves, considérés comme du bois d’ébène : un Commerce triangulaire orienté tout d'abord vers les Antilles, la Guadeloupe. Mathieu se tient prudemment à l’écart de ce commerce, qu'il critique mais ne condamne pas. Quand on est Malouin, on est malin de père en fils et l'on sait que, pour ne pas tout déclarer à l'État, il suffit de tenir une double comptabilité et de dépenser son argent en toute discrétion, en investissant dans l'immobilier, ou bien de le "resserrer ", dissimulé au fond des tonneaux, à la cave, pour assurer l’avenir. La grande Bourgeoisie est née et les notaires sont là pour tout régulariser officiellement.

Devenu associé et ami de Mathieu Carbec, le redoutable Corsaire Le Coz se prend d'affection pour son fils, Jean-Marie, auquel il transmet tout son savoir de marin avisé et de financier futé. Après avoir débuté comme mousse sur un morutier, c’est au tour de Jean-Marie de faire fructifier toute la fortune héritée de son père. Mais il s'illustre aussi sur mer, par des expéditions au long cours et des hauts faits de « caprerie » : une course maritime, favorisée par le souverain pour ruiner ses ennemis. Jean-Marie signe alors une sorte de pacte familial en épousant la fille de Le Coz et c’est ainsi que se fonde une famille qui va intégrer l'Aristocratie de Saint-Malo puisque Mathieu, qui n'a pas hésité à embarquer une dernière fois pour participer à la Bataille de Rio de Janeiro en 1711, a été anobli par le roi.*

*Louis XIV était un conquérant, guerrier et fin stratège mais, comme beaucoup d’Aristocrates, il manquait de liquidités : il avait donc compris comment en trouver, en « récompensant » les Bourgeois de son époque par un titre, puisqu’ils rêvaient tous de devenir nobles : Molière a fait la satire de cette ambition dans sa comédie-ballet, Le Bourgeois gentilhomme (1670).

Ce n'est que le début de cette trilogie de Bernard Simiot qui fut pour moi un grand plaisir de lecture. J’y ai retrouvé l’Histoire de France et de nombreux éléments de l’Histoire littéraire, mais aussi des aspects sociologiques transposables à notre époque, comme tous ces petits arrangements que les riches ambitieux savent toujours trouver avec la religion, la politique et… leur morale personnelle... :) Hommes ou femmes, les personnages principaux sont bien campés et complexes car ils évoluent au cours du récit, sans caricature. J'ai particulièrement apprécié certains personnages féminins, loin des archétypes habituels. Bref, je vous recommande cette lecture !

*Et au passage, on y distingue bien la différence entre les pirates, sans foi ni loi, et les Corsaires, au service du Roi :

5- A ce propos, quelques précisions sur ces mots de l’Histoire des Mers : Corsaires, pirates ou flibustiers ? Ces termes sont souvent confondus aujourd'hui.

A-Un corsaire (à noter : le terme de « corsaire » désigne le marin mais aussi le bateau, par métonymie.)

Étymologiquement, le mot « corsaire » est emprunté à l'italien « corsaro » lui-même dérivé du latin « cursus » = « course ».

Un corsaire était le plus souvent l'armateur ou le capitaine d'un navire civil armé. Il était autorisé  à attaquer, en temps de guerre, tout navire battant pavillon d'un état ennemi, par une lettre de marque de l'État, (également appelée « lettre de commission » ou « lettre de course* ») mais en visant particulièrement son trafic marchand, laissant à la flotte de guerre le soin de s'attaquer aux objectifs militaires. Les corsaires complétaient donc l’action des militaires. Ils n’étaient pas des pirates puisqu'ils exerçaient leur activité selon des lois, uniquement en temps de guerre et avec l'autorisation de leur gouvernement. C'était une autre forme de guerre navale, appelée « guerre de course *» puisque la lettre de marque, reçue de l'État, permettait au corsaire de « courir* sus aux navires ennemis ». Cette autorisation devenait caduque dès que la guerre était finie.

Ce système était très avantageux pour l'État car le poids financier de l'armement corsaire restait entièrement à la charge de l'armateur alors que le gouvernement touchait une large part de la revente des prises opérées par le corsaire. En résumé, l'État ne payait rien et gagnait beaucoup. Dans le cas de Saint-Malo au XVIIe siècle, les 120 armateurs de la ville acceptaient les risques de la Course* pour en retirer un bénéfice commercial et pouvaient espérer acquérir un titre de noblesse une fois la guerre terminée, un privilège recherché par les très riches bourgeois.

Un code de l’honneur strict, proche de celui des militaires : Un navire corsaire a la possibilité de s'approcher d’un navire ennemi par ruse, en arborant un pavillon neutre ou allié. Mais les corsaires ont alors une « obligation » : hisser, à partir d'une certaine distance, le pavillon véritable. Dans le cas contraire, il s'agirait d'une traîtrise et l’honneur du corsaire serait perdu.

De plus, tout corsaire doit garder le respect des vies : seul un navire ennemi et sa cargaison peuvent être l'objet de sa prise. Par la suite, une enquête établit si cette prise a été légitime et le bien est rendu, si tel n'a pas été le cas. En cas de défaite, la lettre de marque est remise au vainqueur, attestant de la mission ordonnée par le Roi, ce qui évite aux Corsaires la pendaison immédiate, pour piraterie. Capturé, le Corsaire a droit au statut de prisonnier de guerre. A la fin de la guerre, l'armateur s’engage à payer la rançon de ses corsaires prisonniers qui peuvent aussi être échangés contre ceux de la nation rivale.

Quelques corsaires français célèbres dans l’Histoire de France :

• Jean Bart (1650-1702) : Né à Dunkerque, héros de la Marine royale française et fidèle de Louis XIV. Il brisa le blocus de Dunkerque en 1690 et sauva un convoi de blé, vital pour la France, en juin 1694. La ville de Dunkerque a érigé une statue en son honneur et les gens du Nord s'enorgueillissent toujours de son histoire : beaucoup de lieux y portent son nom aujourd’hui.

• René Duguay-Trouin (1673-1736) : Redoutable officier et corsaire de Saint-Malo au service de Louis XIV, il fut anobli après ses exploits. Son fait d'armes le plus marquant est la prise de Rio de Janeiro en septembre 1711.

• Robert Surcouf (1773-1827) : Surnommé le « Roi des corsaires » ou le « Tigre des mers », également originaire de Saint-Malo. Il s'est illustré dans l'Océan Indien en capturant de nombreux navires anglais, dont le célèbre Kent en octobre 1800.

B-Un flibustier désigne, à l'origine, un aventurier et pirate qui écumait la mer des Antilles et toutes les côtes d'Amérique au cours des XVIIe et XVIIIe siècles.

Étymologiquement, ce terme vient du néerlandais vrijbuiter (littéralement « celui qui fait du butin librement »), passé par l'anglais freebooter ou flibutor.

C'est un marin hors-la-loi qui attaquait et pillait principalement les galions des colonies de l'Empire espagnol, mais, à la différence du corsaire, qui agit officiellement pour le compte d'un État, muni d'une « lettre de marque », le flibustier opère seul et pour son propre compte.

Par extension, le mot désignait un homme malhonnête, un filou, un escroc ou un aventurier vivant de rapines et de coups tordus. C'est un sens figuré vieilli, mais ces mots pourraient redevenir d'actualité. :)

C-Un Pirate : (synonyme : un forban, mot vieilli, inusité)

Étymologiquement, le mot est venu du latin pirata, emprunté au Grec ancien qui signifiait « celui qui, sur la mer, tente sa chance et la fortune, au détriment d’autrui ».

Ce n’est qu'un bandit sans foi ni loi, qui n’agit que pour son propre profit. Il exerce ses méfaits sur mer, car c’est un très bon marin. Mais les pirates étendent aussi leur territoire de chasse sur terre. En effet, les pirates ne se limitent pas aux pillages de navires, ils ravagent également toutes les petites villes côtières et les arrière-pays, parfois loin des côtes, en remontant les cours d'eau. Meurtres, viols, pillages, destructions et incendies : aucun code de l’honneur, rien ne les arrête. Ils sèment la terreur pour exercer leur pouvoir, à la manière des Vikings, au Moyen-âge.

La piraterie existe depuis l'Antiquité. Toutes les civilisations anciennes qui possédaient une marine l'ont connue, la mer étant considérée comme un espace où règne la « loi du plus fort ». Pourtant, cette pratique individualiste a été encouragée par les Anglais qui souhaitaient régner sur les mers. La présence de pirates empêchait d’autres pays (Pays-bas, Espagne, France...) d’accéder à de nouveaux territoires coloniaux et d’étendre leur zone d’influence commerciale. Sous le règne de Louis XIV, lorsqu’ils étaient pris, les pirates étaient pendus haut et court, par la corde : raison pour laquelle ce mot ne doit jamais être prononcé sur un bateau, par superstition.

A noter : Le terme de pirate s’est aujourd’hui largement répandu et il ne désigne plus forcément un marin puisqu’il peut même s’appliquer à la « piraterie informatique ». Mais, on peut constater que, tout comme autrefois, sous un aspect malveillant, à but purement économique, peut se cacher une pression d’origine politique, comme autrefois. Ruiner permet de gagner…

6- Que va-t-il se passer pour Carry Voile au mois de novembre ?

A- Le dimanche 8 novembre à partir de 12h, grande salle de l’Espace nautique Roger Grange, je vous rappelle qu’aura lieu notre grand Repas des îles.

Cette année, Eva, Responsable des Animations du Club, a choisi de s’inspirer des différentes croisières organisées cet été par quelques skippers qui ont accueilli des membres du Club dans leurs équipages. Mais ne cherchez pas ces îles sur une carte : ce sont des îles rêvées et idéalisées, avec toutes les denrées exotiques que nous apprécions. :)

Votre inscription est peut-être encore possible sur le site Carry Voile, onglet « inscriptions aux sorties et animations ». Rappels : pour les repas-club, les inscriptions sont réservées aux membres du club mais ils peuvent y inscrire aussi leurs proches, en invités, au prix de 30 euros par personne, puisque nous faisons appel au traiteur et pâtissier habituels.

B- Le vendredi 20 novembre à 18h, grande salle de l’Espace nautique Roger Grange, aura lieu une première réunion où plusieurs skippers nous présenteront des photos et un compte-rendu de leur croisière de l’été 2026. Une deuxième partie est prévue, le 11 décembre. Inscriptions ouvertes à tous mais obligatoires sur le site Carry Voile, onglet « inscriptions aux sorties et animations ».

Sur ce, je nous souhaite pour novembre, une météo favorable à nos sorties d'un jour (les mercredi et samedi et le dimanche, une fois par mois) avec bon vent, belle mer pour voiler et un beau  soleil pour le moment convivial du repas…

A bientôt, sur l’eau ou pas, mais avec le sourire :) Toujours !

Carryvoilement vôtre, Yveline Lagelée

Rappel amical : si vous désirez me confier un article, un témoignage ou une interview pour que je l'intègre à une prochaine Newsletter, sous votre signature, je l'ai déjà fait et le referai avec plaisir, . Exprimez-vous sans bloquer sur d'éventuelles "fautes" de syntaxe ou d'orthographe, je suis là pour vous aider : ce ne sont pas des péchés mortels ! :)

icoFacebook35Color icoTwitter35Color icoLinkedin35Color icoComment35Color
icoFacebook35Color icoTwitter35Color icoLinkedin35Color icoComment35Color
0 commentaire(s)
Connectez-vous pour laisser un commentaire
  • Plan du site
  • Licences
  • Mentions légales
  • CGUV
  • Paramétrer vos cookies
  • Se connecter
  • Propulsé par AssoConnect, le logiciel des associations Sportives