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Yveline LAGELEE
24 novembre 2025
Editorial de Yveline

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Editorial de Yveline

« En décembre reste au chaud dans ta chambre »

Pas du tout ! Même si ça rime, ce n’est pas un proverbe pour Carry Voile, car les sorties en mer continuent toute l’année quand la Météo marine indique que toutes les circonstances d’une sortie dans la baie de Marseille sont favorables. Et c’est Denis, vice-président et responsable des sorties, qui les analyse et qui en prend la responsabilité.

Si vous êtes tentés de devenir membre de notre association, vous pouvez vous inscrire dès maintenant, pour profiter d’une belle journée d’hiver et faire une sortie découverte (gratuite).

En novembre, même les petits oiseaux aiment profiter des sorties Carry Voile pour se reposer un peu les ailes comme ce petit passager de Ixtapa, voilier de Philippe, qui s'est laissé photographier par Jean-Paul.

En période hivernale, pour qu'une sortie soit agréable, il suffit de bien vous équiper contre le froid et les vents coulis, un peu comme vous le feriez pour aller au ski : avec des vêtements isolants, en couches fines, faciles à enlever ou à remettre car, selon la direction du vent, la température peut varier beaucoup au cours de la sortie.  Prévoyez : des gants, un bonnet et une capuche, de bonnes chaussettes, des chaussures montantes ou des bottes (à semelles blanches). Ainsi, bien équipés, vous apprécierez de naviguer et de participer aux manœuvres d’un voilier. Mais n’oubliez jamais vos lunettes et une protection solaire, car le soleil nous accompagne toujours quelques heures, sur la Côte bleue et il n’est notre ami que si nous en contrôlons les effets : avec modération, comme pour tout. Les déjeuners conviviaux que nous aimons partager sur les bateaux vous réchaufferont aussi : c'est bon pour le moral, donc bon pour la santé !

Récemment, la météo n’a pas été très favorable, vous l’avez constaté, et plusieurs de nos sorties du mercredi et du samedi ont dû être annulées. Certes, c’est toujours un peu décevant parce que Denis ne peut les confirmer ou les annuler que la veille au soir, mais c’est d’une prudence indispensable : la plaisance ne doit jamais devenir dangereuse. Pendant cette pause imposée :)(j’espère que vous appréciez ce subtil jeu de mots fait d’assonances et d’allitérations ), les vagues et les vents des tempêtes successives ont rejeté dans les ports et sur les plages une partie des déchets qui avaient pollué la mer et nous avons tous pu découvrir un plus grand nombre d’épaves diverses, certaines étant d’origine naturelle, comme des bois flottants ou ces posidonies (Cf. Newsletter du mois de mai 2025)

Nouvelles banquettes de posidonies bénéfiques pour préserver la plage de la Tuilière

Mais des déchets plastiques échouent aussi, en abondance !

Jusqu'alors, la recherche scientifique avait surtout porté sur les nuisances des déchets flottants en plastique, et il était déjà largement reconnu que de nombreux animaux marins en mouraient par suffocation, piégés dans des enchevêtrements de filets ou de débris (flottants ou entre-deux-eaux) et que d’autres ingéraient des sacs, des ballons ou des objets en plastique qui les conduisaient à des échouages et à la mort. Ces faits ont été parfaitement démontrés par des autopsies sur des cadavres de mammifères marins.

Mais des micro-plastiques plus discrets (inférieurs à 5 mm ou même à 1 mm), fort nombreux, ont été trouvés dans le système digestif d'un nombre croissant d’animaux qui se nourrissent en filtrant l'eau, tels que les vers, les moules, les huîtres et certains escargots aquatiques ; des crustacés (crabes, crevettes, langoustines, etc.) mais aussi des poissons, des oiseaux, et de grands mammifères marins : ce qui démontre que tout le réseau trophique* (*qui concerne la nutrition des tissus du vivant) est concerné, et, par voie de conséquence, une partie de la chaîne alimentaire humaine… C’est ce qui soulève de sérieuses inquiétudes chez la plupart des scientifiques, et, bien sûr chez les pêcheurs, les associations environnementales ainsi que de nombreux citoyens, passionnés respectueux de la Mer, comme tous les membres de Carry Voile.

Alors, à notre humble niveau, que faire ?

Prendre conscience, faire prendre conscience, informer, transmettre toutes les astuces, les échanger… bref, faire de notre mieux et compter sur « l’effet papillon ». C’est seulement ce que j’aimerais vous décrire ce mois-ci, d’après mes modestes recherches personnelles, que je vous propose de prolonger…

2- Des micro-plastiques partout et en trop grand nombre

Les micro-plastiques sont des particules de matière plastique, invisibles à l’œil nu, dispersées dans tout notre environnement, terrestre et marin. Le terme de « micro-plastique » est apparu en 2004 pour décrire ces toutes petites particules. Ce sont des fragments d'objets en plastique ou des microbilles, de plus en plus utilisées par l'industrie et les cosmétiques depuis quelques années, ainsi que des fibres synthétiques, abondamment retrouvées dans les boues d'épuration épandues sur les sols. Elles sont microscopiques ou nanométriques quand elles sont issues de la dégradation de macro-plastiques. Comment se sont-elles dégradées ? Par oxydation, causée par la lumière, par action mécanique, comme celle des vagues, ou par simple décomposition.

S’agissant de leur taille, on distingue habituellement trois catégories de plastiques :

• les macro-plastiques de taille visible, généralement supérieure ou égale à 5 mm

• les micro-plastiques d’une taille comprise entre 5 mm et 1 un millième de mm :

des micro-plastiques primaires qui sont fabriqués en vue d’un usage précis (ex : billes d’exfoliants dans les produits de beauté), ou lors de leur utilisation (ex : microfibres libérées par les vêtements en fibres synthétiques lors de leur lavage).

des micro-plastiques secondaires qui proviennent essentiellement de la dégradation des déchets en plastique au cours de leur séjour dans l’eau ou dans le sol, et de leur transfert entre ces milieux. Leur fragmentation en micro-plastiques dépend de la température, de leur dégradation par le rayonnement ultraviolet et de l’action des bactéries, mais sans jamais aboutir à leur disparition totale : ils deviennent « des polluants éternels ».

• les nano-plastiques dont la taille est inférieure à 1 un millième de millimètre, de plus petite taille que les micro-plastiques, et ceux-là pourraient poser de sérieux problèmes sanitaires et environnementaux, en raison des propriétés particulières aux nanoparticules.

Un problème environnemental majeur

Actuellement, on constate que toutes ces formes de plastiques s'accumulent de manière préoccupante dans les sols, les cours d'eau, les lacs et l'environnement marin. Et elles sont également retrouvées dans divers aliments. En quelques décennies, elles ont contaminé tous les océans et les espèces marines, à tous les échelons de la chaîne alimentaire, d'un pôle à l'autre, jusque dans les grands fonds. Et la production des plastiques continue à augmenter puisqu’ils ont doublé depuis 2000. Il est donc grand temps de s’en préoccuper car à ce rythme, ils devraient doubler à nouveau avant 2050.

Leurs différents impacts ne sont étudiés que depuis le début des années 2000 et, pour la santé humaine et environnementale, ils sont encore très mal cernés. Mais micro et nano-plastiques ont des effets indirects complexes quand ils se dégradent, notamment via la contamination des océans.

Les 7 principales sources des pollutions plastiques retrouvées dans les eaux :

(d’après la plupart des publications scientifiques, avec des proportions qui varient fortement d’une étude l’autre)

Les textiles synthétiques

Les pneus, les revêtements ou marquages routiers

Les peintures marines

Les articles cosmétiques et produits de nettoyage

Les granulés de plastique entrant dans la composition de nombreux produits

Les poussières de pollution urbaine.

Mais les deux sources majeures de pollution des eaux de surface proviennent du secteur de l’habillement et du trafic routier. Des sources mondiales de pollution de l'océan, qui avaient été largement sous-estimées jusqu’à présent…

Habillement : une partie importante est constituée de fibres synthétiques de moins de 1 mm, en suspension dans l'eau et retrouvées dans l'estomac de nombreux animaux. Cette pollution provient surtout de l'usure ou de la fragmentation des fils de textiles synthétiques mais aussi de la dégradation de textiles non-tissés. Ils sont en grande partie introduits dans l'eau par l’intermédiaire des lessives domestiques ou industrielles.

Trafic routier : la consommation de carburant paraissait la pollution la plus évidente, mais les pneus et certains revêtements ou marquages de route constituent des sources de pollution énormes.

Ces pollutions sont accentuées par le réchauffement climatique qui produit des pluies d'orages et des inondations qui détruisent des infrastructures humaines en accélérant la dispersion de grandes quantités de plastiques en mer. Localement, tous les aléas climatiques (de plus en plus nombreux) favorisent également l'érosion d'anciens sites d'enfouissement de tous nos « détritus » et en libèrent beaucoup en les déversant dans les mers.

En effet, les déchets retrouvés dans certains sols, dans tous les cours d’eau et en mer  proviennent, pour la plupart, de la terre : à ce jour, 80 % environ des plastiques marins sont estimés apportés de la terre à la mer par les fleuves ou par le vent.

Mais, pour certains d’entre eux, ils proviennent aussi de la dégradation de diverses épaves : des filets, des fils en nylon ou autres engins de pêche, ou des toiles et bâches synthétiques, mais également de pellicules plastiques ou morceaux d'emballages en polystyrène et, hélas, mille fois hélas, des objets divers perdus en mer par négligence… ou parfois jetés volontairement !!!

Toutes ces particules invisibles à l'œil nu constituaient, en 2017, jusqu'à un tiers (15 à 31 %) des 9,5 millions de tonnes de déchets marins en plastique rejetés par an, selon un rapport ayant porté sur sept régions géographiques marines (publié le 22 février 2017 par l'UICN). Ils sont devenus la première source de micro-plastiques dans les régions du monde développé, qui bénéficient pourtant d'une gestion efficace de leurs macro-déchets.

Mais la présence de déchets plastiques en mer induit également des risques liés au transport d’espèces qui viennent s’y fixer et les coloniser…

En effet, une fois dans l’eau, le plastique est colonisé par un grand nombre d’organismes marins : des invertébrés (mollusques, crustacés), mais bien d’autres aussi, comme des bactéries, virus ou champignons. Certaines de ces espèces peuvent s’avérer néfastes, voire invasives, pour les milieux dans lesquels elles sont rapportées, par les courants marins ou les navires.

De plus, si les poissons n’ingèrent pas directement le plastique que vous voyez voguer, l’instinct de ces animaux est souvent trompé ! En 2017, une étude a montré que ce n'est pas accidentellement, mais volontairement, que de nombreux poissons ingèrent des micro-débris de plastiques perdus en mer. Ce comportement peut aller jusqu'à entraîner leur mort, mais le plus souvent, il se limite à des intoxications ou à une accumulation de polluants divers issus du plastique. Dans ces cas-là, il devient source de risque pour tous les humains consommateurs de poissons et crustacés, et ceux qui les croient meilleurs pour la santé.

C’est une constatation très préoccupante car, en 2017, le poisson et les fruits de mer constituaient en moyenne 6,1 % des protéines alimentaires dans le monde.

Pourquoi cette étrange appétence des animaux marins pour le plastique ?

Les micro-débris plastiques qui flottent dans l'océan ou entre-deux-eaux se couvrent rapidement d'un périphyton (un film de plancton constitué d'algues, de bactéries ou de micro-organismes fixés, et même d'œufs de différents organismes). Ces micro-plastiques ont alors pour tous les poissons planctonivores l’apparence et le goût de leur nourriture habituelle. Il en va de même pour des déchets un peu plus gros. C'est un phénomène qui a été constaté pour au moins cinquante espèces de poissons, un peu partout dans le monde, et également retrouvé en abondance dans l'estomac d'albatros morts.

Tous les écosystèmes en sont partout victimes : des morceaux de plastiques sont retrouvés dans les systèmes digestifs de tous les animaux marins, des coquillages filtreurs aux plus grands animaux. Leur ingestion peut entraver la digestion et provoquer des phénomènes d’étouffement, d’enserrement, ainsi que des occlusions intestinales ou des obstructions des voies respiratoires.Ensuite, c'est toute la chaîne alimentaire qui est touchée : des traces d’ingestion de plastiques sont retrouvées chez plus de 90 % des populations d’oiseaux marins étudiées en mer du Nord.

Mais qu'en est-il pour les organismes planctoniques filtreurs qui vivent en pleine eau ?

Pour observer ce phénomène dans le golfe du Mexique, des scientifiques ont alimenté un larvacé (un plancton filtreur gélatineux, transparent et géant) le Bathochordaeus stygius, avec des micro-plastiques de 10 à 600 µm de diamètre, de couleurs vives. Un robot sous-marin doté d'une caméra a ensuite été utilisé pour observer le devenir de ces micro-plastiques dans les grandes bulles de mucus que se construit ce type d'animaux, puis dans la colonne d'eau : certains animaux ont effectivement ingéré des micro-plastiques dans leur bol alimentaire et les ont stockés dans leur « bulle de mucus » et/ou les ont rejetés dans le milieu, via leurs excréments. Ce qui confirme qu'en mer, la pollution plastique n’est pas qu'un « problème de surface » : nous ne percevons que la partie superficielle de ce grave problème.

Toute notre alimentation est contaminée par les plastiques

Selon un rapport publié par le WWF à l'université de Newcastle (Australie) en 2019, un individu moyen pourrait ingérer jusqu'à cinq grammes de plastique chaque semaine, dont 90 % dans l'eau de consommation (du robinet ou en bouteille) et 9 % dans les fruits de mer. Pour prendre une image plus parlante peut-être, on estime aujourd’hui que nous ingérons tous l’équivalent du poids d’une carte bancaire en plastique par semaine.

Observez les ports : ce qui pourrait tout d'abord paraître rassurant, c'est d'y voir des moules, accrochées aux pontons où elles se nourrissent. Mais ce sont des organismes filtreurs qui ont dû absorber toute la pollution plastique et autres polluants, car il est prouvé aujourd’hui qu’aux particules et fibres plastiques s'associent chimiquement des métaux, métalloïdes, polychlorobiphényles et d'autres toxiques accumulés lors de leur séjour dans les égouts, stations d'épuration, boues, sédiments, cours d'eau, estuaires et mer…

Toutefois, si un consommateur moyen absorbe plus de particules de plastique dans les pays où la consommation de mollusques et de crustacés est la plus élevée (dans les îles ou en bordure de mer) personne n’y échappe ! Selon la même étude, l'être humain est plus exposé aux micro-plastiques dans la poussière domestique qu’il inhale et dans celle qui contamine la totalité de ses aliments, que lorsqu'il mange des crustacés ou des poissons.

En 2015, une étude faite à l'université d'État de New York a échantillonné 18 espèces de poissons : toutes contenaient des micro-plastiques dans leur système digestif, sous forme de fibres. Donc pour nous les humains, un régime alimentaire normal, voire vertueux, nous expose tous aux micro-plastiques. Des chercheurs chinois en ont retrouvé dans le sel alimentaire issu de lac ou de mines de sel, mais c’est le sel de mer qui en contient le plus !

Quels dangers pour la santé de l’être humain ?

Des particules de micro-plastiques ont été retrouvées dans les parois de nos vaisseaux sanguins cérébraux et dans les cellules de notre système immunitaire. Les chercheurs ne savent pas encore s’ils aggravent les maladies neurologiques ou si ce sont ces maladies qui rendent le cerveau plus vulnérable à leur entrée.Outre le cerveau, la présence de micro-plastiques a été détectée dans les artères, le flux sanguin les répandant ensuite dans tous les organes. Chez des femmes enceintes, on en a retrouvé dans le placenta, que l’on espérait protecteur !

Testée chez des animaux tels que les poissons et les rongeurs, une exposition prolongée aux nano-plastiques a entraîné des déficits de mémoire, une inflammation cérébrale ainsi que des difficultés de reproduction.

Enfin, dans une étude publiée dans la revue New England Journal of Medicine, la détection de micro-plastiques dans les artères a été associée à un risque accru d’infarctus et d’accident vasculaire cérébral.

Existe-t-il des zones géographiques épargnées et plus pures ?

Même pas les zones polaires, quasi inhabitées et peu fréquentées, qui laissaient supposer qu’elles avaient été épargnées par les micro-plastiques, car peu à peu des indices et des preuves sont venus démontrer le contraire. À chaque fonte annuelle des glaces, une partie des microfibres de plastique sont libérées dans l'eau. Elles peuvent alors contaminer toute la chaîne alimentaire dont dépendent notamment de nombreux cétacés, mammifères et oiseaux marins ainsi que l’être humain, au sommet de la pyramide alimentaire.

En 2014, des savants ont démontré que la glace de mer, en Arctique, contient déjà localement des taux de micro-plastiques (venus de fibres textiles essentiellement) très supérieurs à ceux précédemment mesurés dans les zones les plus contaminées de l'océan. Or cette glace fond et devrait continuer à fondre, en libérant une grande quantité de ces fragments : « La fragmentation et la typologie de certains plastiques suggère une présence abondante de débris âgés provenant de sources lointaines ». C’est un fait connu : la glace conserve… même la pollution !

Dans tous les milieux (eau, air, sol) et à leurs interfaces (zones humides et estuaires notamment), la distribution et l'abondance des micro-plastiques a augmenté rapidement, globalement et constamment depuis l’an 2000, date qui correspond à une forte augmentation de la production et la consommation de plastiques dans le monde.

Désespérant … Non. Mais que faire ? Existe-t-il des alternatives au plastique ?

Il est difficile de revenir totalement en arrière. Si la plupart des polymères issus de la pétrochimie sont non biodégradables ou très peu biodégradables, de nouveaux « plastiques », d'origine naturelle le sont, et c’est une piste non négligeable pour l’avenir. Le bambou, des céréales comme le maïs ou certaines algues, permettent de réaliser d’autres sortes de « plastiques » et ce sont de belles alternatives, souvent moins énergivores à produire.

Certains industriels soutiennent donc les scientifiques : la biomimétique étudie et copie les propriétés des éléments naturels pour les intégrer dans la production de nouveaux matériaux qui seraient biodégradables et dont les qualités seraient similaires aux plastiques actuels. Mais l'enfer étant souvent pavé de bonnes intentions, leurs propriétés évidentes, durant la phase de dégradation dans l'environnement, exigent cependant un examen détaillé, avant d’en développer l’utilisation à grande échelle.

Enfin, il faut rappeler que le secteur des emballages est le plus grand producteur de déchets plastiques à usage unique, à l’échelle mondiale. Comme il s’agit pour la plupart de contenants, destinés aux aliments et aux boissons, il serait donc plus prudent d’utiliser des alternatives. C’est ce que font timidement quelques industriels (en l’utilisant parfois comme un nouvel argument commercial), en utilisant le vrac ou de nouvelles techniques d’emballage, lorsque celui-ci s’avère vraiment indispensable, et en évitant tous les sur-emballages… N'est-ce pas aussi à nous, à notre échelle, d'y veiller et de mieux choisir nos produits ?

Une autre hérésie qui persiste : l’eau en bouteille !

Une étude publiée début 2024 dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences a mis l’accent sur la contamination des eaux en bouteille par leurs propres contenants plastiques. À partir de l’analyse de différentes marques, qui bloquent parfois la recherche pour des raisons économiques, les auteurs ont comptabilisé en moyenne 240 000 fragments de plastique détectables par litre d'eau, avec un maximum de 370 000 particules par litre, et une contamination présente dans l’ensemble des échantillons. Ces particules se présentent, à 90 % sous forme de nano-plastiques et, pour le reste, de micro-plastiques.

Certains recommandent donc de redévelopper l’usage du verre (recyclable à l’infini) en réhabilitant le vieux système des consignes... Mais la production et la reconversion du verre nécessite une très grande dépense d’énergie, ce qui crée une autre forme de pollution.

Donc, pour les sportifs et tous les membres de Carry Voile, des gourdes en inox, légères, peuvent être une solution… Déjà utilisée par bon nombre d'entre nous.

Mais croire qu’il n’y a qu’une seule solution relèverait de la pensée magique…

Pourquoi ne pas commencer par lutter contre certaines de nos mauvaises habitudes et éviter l’hyperconsommation, en réduisant nos besoins, sans frustration ?

Des actions mondiales déjà menées

Avant le quatrième sommet mondial des océans (Bali, 23 février 2017), une Campagne mondiale nommée CleanSeas, avait invité les gouvernements et les entreprises à interdire les micro-plastiques dans les produits cosmétiques, à taxer les sacs en plastique et à limiter l'utilisation de tous les articles jetables (pailles et bâtonnets). Malheureusement, seuls dix pays se sont alors engagés. Cinq ans plus tard, les accords issus de One Ocean Summit (février 2022) ont redemandé de limiter la pollution des océans par le plastique. Les discussions se sont montrées houleuses, et freinées par des pays producteurs de pétrole et de plastique*.

A nouveau, la préservation de l'environnement est limitée, avec une courte vision de l'avenir, par la finance et la géopolitique.

(*Arabie saoudite, Iran, Russie et Chine, qui veulent limiter le traité au recyclage et à la consommation, en s'opposant aux restrictions sur la production et l'utilisation de certains produits chimiques),

Toutefois, un traité international de l'ONU sur la pollution plastique s’est négocié à Genève, du 5 au 14 août 2025, et il implique :

  1. L’incitation financière à l’achat de lave-linges équipés de filtres à micro-plastiques et leur généralisation dans toutes les laveries automatiques (certaines l'annoncent fièrement : bravo et merci à celle de Carry-le-Rouet, avenue des Floralies)
  2. La séparation des eaux de ruissellement des eaux usées, associée à un traitement adapté
  3. Le dé-raccordement et le traitement des micro-plastiques des activités à l’origine de rejets importants, comme les centres de stockage ou de traitement des déchets, avec contrôle de la bonne application de ces mesures de restriction de l’usage des plastiques…

Beaucoup de dispositifs de traitements ont montré leur capacité à éliminer au moins partiellement les déchets de plastiques ; des solutions, comme les STEU biologiques, qui sont déjà mises en œuvre, mais certaines pourraient être utilisées plus largement, comme les dispositifs de filtration ou d’infiltration dans les eaux de ruissellement.

Promouvoir des leviers d’action au niveau local :

Dans le prolongement des politiques nationales qui visent à promouvoir un usage plus raisonnable des plastiques, le niveau local a probablement une action plus pertinente pour développer des politiques construites en partenariat avec les citoyens et les acteurs locaux (industries, agriculteurs, pêcheurs, commerces) : pour faire de la maîtrise des pollutions par les plastiques un des enjeux fondamentaux pour l’avenir. Les programmes locaux de prévention des déchets ménagers et les programmes régionaux de prévention et de gestion des déchets sont en train de se développer. Ils mettent en œuvre des politiques de réduction des emballages en encourageant les circuits courts et la vente en vrac ou des projets de territoire intégrant, parmi leurs priorités, la préservation de la propreté urbaine, avec une ambition de « zéro plastique ». C'est vrai, ces politiques peuvent sembler électoralistes, vertueuses, ou utopiques...

Mais les utopies proposent quelques solutions au lieu de rester critiques, en se lamentant !

La météo est menaçante : aux manoeuvres, tous. Un virement de bord à 90° peut encore être réalisé rapidement, tout en souplesse, sans faire souffrir, ni le bateau, ni l'équipage... :)

C’est donc à ce titre, avec le pessimisme de la lucidité mais l’optimisme de la volonté, que je vous propose un livre et une vidéo de Vincent Doumeizel, Conseiller pour les océans aux Nation-unies. Ses nombreuses interventions sur l’origine du vivant et le rôle majeur du plancton m’ont semblé fort intéressantes : des pistes à retenir ? Je vous laisse vous y pencher… si vous ne craignez pas le lumbago philosophique ! :)

livre édité en 2025, ISBN 978-2-3828-4735-0

2- Un conseil de lecture, Vincent Doumeizel : « Le plancton est la base de la vie sur terre »

Plancton : Le mot plancton vient du grec ancien « Plankton » qui signifie « errer ». Il s’agit d’une dénomination globale* qui désigne les millions d’organismes vivants, végétaux et animaux, qui dérivent dans les océans sous différentes formes (représentées sur la couverture du livre ci-dessus). Ces organismes, majoritairement invisibles pour l’œil humain, ont des tailles variant de 0,2 microns à plusieurs centimètres, voire plusieurs décimètres pour les plus grands, comme les méduses. Ils vivent en suspension dans l'eau de mer et ne peuvent se déplacer que mus par les éléments. Ils sont donc incapables de se déplacer à contre-courant. Mais le plancton est la base de l’alimentation de tous les individus marins (ex: le krill, zooplancton nourriture des baleines)

*A noter : contrairement au plancton, le necton regroupe les animaux pouvant lutter activement contre le courant grâce à leur nage puissante, comme les calamars, les poissons pélagiques (harengs, sardines, thon…), les mammifères marins (baleines, dauphins…) et certains crustacés.

Le plancton se divise en deux grands règnes :

• le plancton végétal ou phytoplancton est constitué d’algues presque toutes unicellulaires, appelées de ce fait micro-algues ou microphytes.

• le plancton animal ou zooplancton, est composé de deux groupes :

- le zooplancton permanent : organismes unicellulaires ou pluricellulaires qui naissent, se reproduisent et meurent à l’état de zooplancton

- le zooplancton temporaire : œufs et larves d’animaux très variés (crustacés, coquillages, poissons…) qui quittent le monde du plancton en se métamorphosant : la larve (plancton) se transforme alors en juvénile en acquérant tous les attributs du futur adulte, comme la chrysalide qui devient papillon.

L'auteur ?

Vincent Doumeizel, est un Biologiste marin de renom, Conseiller pour les océans aux Nation-unies. Il a commencé sa carrière dans l'agroalimentaire en Afrique, où il a été marqué par les conséquences de la faim, et c'est ce qui l'a poussé à s'intéresser de plus près à son sujet de prédilection, le plancton :

« Longtemps ignoré, le plancton est pourtant à l’origine du vivant et compose 90% de la surface de l’Océan. Une seule goutte d’eau contient des millions d’individus dont nous sommes les descendants directs. Nous leur devons notre oxygène, les roches de nos falaises, notre climat, tous nos poissons, mais aussi notre pétrole et bien d’autres choses. »

Il rappelle que les algues sont une alternative alimentaire et le seul végétal qui possède de la vitamine B12. Les algues constituent une ressource quasiment gratuite, et, à l'état sec, elles conservent toutes leurs propriétés, pouvant ainsi être transportées sur des milliers de kilomètres, sans recourir à une chaîne du froid énergivore.

Ses recherches intéressent tous les secteurs de la restauration et de la conservation mais également de la médecine, des cosmétiques et de l'agriculture.

En septembre 2024, lors de la 79e Assemblée générale de l'ONU, il a rassemblé plus de 30 spécialistes internationaux de la biologie marine pour lancer le « Manifeste du Plancton » appelant à une prise de conscience concernant le rôle des organismes planctoniques dans les équilibres vitaux de notre planète et leur potentiel à représenter une solution écologique pour notre avenir.

Lors de la Troisième Conférence des Nations unies sur l'océan en juin 2025, à Nice, il a négocié et annoncé la création d'une initiative globale pour les algues sous l'égide de l'ONU : UN Global Seaweed Initiative, portée par plusieurs pays membres (dont la France) et de nombreuses agences onusiennes.

Ses publications

• La Révolution des algues, Éditions des Équateurs, 2022

• Comment les algues peuvent sauver le monde, Éditions La Cabane bleue, 2024.

• La Révolution des algues (BD en collaboration avec Etienne Lecroart), Éditions Futuropolis, 2025.

• Le Manifeste du plancton, Éditions des Équateurs, 2025

Cf. You Tube // France inter « le plancton est la Base de la Vie sur Terre »

4- Les événements du mois passé : la Formation Carry Voile du vendredi 14 novembre, Espace Roger Grange (près de la capitainerie), assurée par Jean-Jacques, président de Carry Voile.

Cette formation a connu quelques vicissitudes, vous l’avez lu dans les précédentes Newsletters. Elle devait avoir pour thème « Les tactiques de course » juste avant notre second challenge Carry Voile, mais nous avons dû annuler cette compétition amicale car nos organisateurs, encore en activité professionnelle, ne pouvaient pas l’encadrer. Non, je ne veux pas dire qu’ils ne la « kiffaient » pas, mais juste qu’ils n’avaient pas le temps de l’organiser ! :)

Jean-Jacques a d'abord souhaité maintenir la Formation et en assurer une simple application le samedi et le dimanche suivant, mais cette fois c’est la météo qui s’est interposée ! Et seule la formation, sans application, a pu avoir lieu.

Jean-Jacques nous a donc proposé une réflexion dirigée sur ce qui permet ou qui freine la vitesse d’un voilier. A l’aide de nombreux schémas sur le tableau blanc offert par Charles, il nous a rappelé ou expliqué les différents réglages des voiles, de la tension de la bôme et des haubans, etc. Ils diffèrent nettement selon les vents et les courants (pas l’âge du Capitaine, non). Tous ces réglages ont donné lieu à quelques divergences ou contestations, qu’il est toujours intéressant de confronter dans la bonne humeur, les plaisanteries et les rires. Notre esprit de bonne compagnie. Jean-Jacques nous a aussi rappelé l’importance de la forme et du revêtement de la carène, de la quille et du safran qui peuvent à la fois ralentir, mais également équilibrer les forces et permettre à un voilier de filer plus vite, au maximum de la vitesse prévue par son constructeur.

Par la suite, un inventaire à la Prévert nous a permis de retrouver, avec le sourire, tout ce qui peut plomber inutilement la vitesse, sur des voiliers habitables (très majoritaires à Carry Voile). Après bien des plaisanteries sur le poids de l’équipage, du doudou des enfants, de l’ouvre-boîte ou du spray anti-ronflements, les débats se sont arrêtés plus sérieusement sur le bimini, qui a pourtant remporté les suffrages car il assure une protection appréciable contre le soleil de la Méditerranée. La capote a été plus contestée, même si elle permet au barreur et aux passagers de mieux se protéger du vent, donc de mieux garder le cap, sans souffrir du froid. Mais certains préfèrent "sentir" le vent.

Ce sont les pare-battage, que chaque Capitaine « range » à sa façon, qui ont retenu le plus longtemps l’attention, avec des points de vue totalement opposés ! Faut-il se contenter de ne les fixer qu’au moment opportun, en les ramenant simplement sur le pont ou, mieux encore, en les rangeant dans le coffre afin d'éviter leur résistance à l’air qui fait diminuer la vitesse ? Est-il judicieux de les fixer à demeure le long de la coque (en position horizontale pendant la navigation et verticale en présence de possibles heurts) comme le fait notre ami Denis ? Là est la question ! Shakespearienne… Pour ma part, les arguments pour le « made in Denis » (droits non réservés parce qu’il est généreux) m'ont convaincue depuis longtemps : faire et défaire des nœuds de cabestan ralentit nettement le skipper quand il navigue seul, et pour certains équipiers, c'est galère ! :) Et j’approuve totalement celui de Christine, qui a fait remarquer que certains pare-battage peuvent être convertis en coussins, plus confortables pour l'équipage. Pour un voilier « habitable » le confort c’est important, non ? L’heure n’est-elle pas à une utilisation maximale des objets qui nous entourent ?

On s'adapte à chaque voilier, ne changez rien, Capitaines, restez comme vous êtes ! :)

Bref, cette « formation » s’est très bien déroulée, à la fois utilitaire et conviviale en mode Carry Voile, donc.

5- Les événements prévus ce mois-ci :

11 décembre : Formation gratuite, espace Roger Grange, 1er étage, de 18h à 20h : Initiation à la météo marine  assurée par Jean-Pierre, skipper et secrétaire de Carry Voile.

Attention : en raison des vacances scolaires, du 18 décembre au 6 janvier, il n’y aura pas de sorties Carry Voile.

6- Réponses au quizz du mois dernier

a) Question du régatier, proposée par Joël : Qu’est-ce qu’un cunningham sur un voilier ?

Il s’agit d’un œillet placé quelques centimètres au-dessus du point d’amure de la grand-voile. Il permet de tendre le guindant de la GV lorsque le vent monte.

b) Devinette pour les amateurs, proposée par Yveline : Tout voilier bien équipé en dispose, je suis une structure de la largeur du bateau, composée de tubes en inox ou en aluminium, surmontée d’une toile épaisse. Qui suis-je ?

Le bimini, ou tau de soleil, une structure surmontée d’une toile anti-UV. Situé au-dessus du cockpit, c’est une excellente protection contre le soleil, pour le barreur et les passagers. Il est indispensable, l’été, pour la pause-déjeuner sur le pont du voilier.

7- QUIZZ de décembre :

a) Question du régatier proposée par Denis : Où trouve-t-on les ouragans ?

A- Dans l’hémisphère nord B- Dans l’hémisphère sud C- Dans les océans D- En Méditerranée

b) Question pour les néophytes, empruntée par Yveline : En pleine mer, au large, je découvre un rideau gris sous les nuages : qu’est-ce que c’est ?

A- Une trombe d’eau B- Le dieu Eole qui étend son linge C- Une nuée de sauterelles

Sur ce, je vous souhaite bon vent et belle mer d’hiver. Ou de bonnes lectures, bien au chaud sous la couette, si vraiment la météo ne vous permet pas de sortir en mer avec Carry Voile. Mais dans ce cas, vous pouvez aussi nous écrire vos commentaires, que je lirai avec plaisir. Yveline

N.B. 1 : Ce n'est pourtant pas ce qui manque dans nos sorties ou nos promenades, mais je me refuse à publier des photos de polluants : je préfère les superbes photos d'Elisabeth, une nouvelle membre de Carry Voile. Bienvenue et merci à elle !

N.B. 2 : Le mois prochain, la Newsletter paraîtra au début des vacances, pour gagner le challenge contre le père Noël (ça reste entre nous :)

Don't worry, with Carry Voile, I am not a poor lonesome ship...

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